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Fiche: Il faut bien occuper son mental (12 Dec 2006)
   
 

Je viens de discuter avec une amie qui fait du Yoga. Elle a assisté à un stage et leur enseignante leur a appris qu'il fallait bien occuper son mental afin de le fatiguer.

C'est assez surprenant, il paraît que c'est quand le mental n'est pasez fatigué, car il n'a pas assez travaillé, qu'il se disperse, divague, et c'est cet état là qui nous fatigue.

Je sais personnellement que c'est quand je me fais une liste d'actions à accomplir dans la journée que je me sens plus vivante, et même heureuse à la fin de la journée. Je commence à saisir pourquoi. C'est que mon mental est concentré sur des activités qui s'enchaînent du début jusqu'à la fin de la journée.

Le maître de Yoga leur a aussi appris qu'il fallait concentrer le mental sur une pensée à la fois, en être pleinement conscient et ensuite l'évacuer pour passer à une autre. Je retrouve donc des principes du fonctionnement du cerveau, qu'il faut le faire travailler à fond sur une seule tâche afin que le résultat soit le plus efficace possible. Le cerveau n'aime pas avoir trop d'intérferences au moment où il est penché sur une tâche.

Je pense que le stress vient de deux situations:

  • quand le mental ou le cerveau divague et n'est pas assez occupé
  • quand il essaie de travailler en étant occupé par plusieurs pensées en même temps.

Et justement, avoir des objectifs concis et clairs, et faire le plan détaillé de sa journée permet d'éviter ces situations.

Alors Mesdames, occupez-vous bien de votre mental, sachez bien l'occupper mais de manière efficace. Une action à la fois et un bon plan de route pour la journée.

Voici au passage un extrait de JJ. Rousseau qui me paraît très bien:

"Autrement dit : un homme qui est resté le plus proche possible de l'état de nature a des plaisirs qui naissent à proportion de ses travaux, et l'homme qui travaille non seulement ne s'ennuie pas, mais ne meuble ses loisirs que de plaisirs doux, conformes à son état de père, d'époux, et de citoyen. Les spectacles, au contraire, reposent sur l' ennui . Ils sont l'expression d'une oisiveté non pas sereine comme celle de la rêverie, mais tapageuse, agitée, extravertie.

Comme souvent chez Rousseau, on trouve implicitement une distinction sémantique subtile mais capitale entre deux termes pourtant proches l'un de l'autre : l'ennui en effet n'est pas pour lui l'oisiveté, car s'il fait l'éloge de la seconde (le doux far niente permet à l'homme de se retrouver lui-même un instant, et d'oublier les contraintes factices de ses activités quotidiennes), Rousseau en revanche perçoit l'ennui comme un vice. Dans « ennui » il y a « haine » : l'ennui c'est ne rien faire sans être en mesure toutefois de retrouver le chemin qui mène à soi-même, à sa vie intérieure, à son assiette naturelle, et alors cet ennui se change en frivolité, en goût du paraître et en sentiments d'acrimonie, de jalousie, de rivalité à l'égard de nos semblables."

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